Tous Frères vous invite à réfléchir, en ce temps de l’Avent, sur le verbe préparer et d’ailleurs, quel sens a-t-il chez nos frères hindous quand il s’agit de préparer, par exemple, les temples à la prière ?

Hindouisme : Préparer le temple à la prière des fidèles

Préparer un temple à la prière, c’est tout un rite car il permet aux fidèles d’entrer dans la présence du Dieu et de recevoir son darshan (c’est-à-dire être vu par Dieu) pour entrer en contact avec son pouvoir (shakti). Il en va des archaryas (maîtres spirituels), des pujaris (prêtres) d’organiser les prières cérémonielles dans les temples comme elles se doivent par des règles déterminées dans les Shastras et les Agamas (textes sacrés) depuis plusieurs siècles déjà.

Les prêtres commencent à purifier les sols par un lavage et ensuite poursuivent d’embellir le sanctuaire par des fleurs odorantes (jasmin,…) où logent les dieux qui est leur demeure terrestre.
Le pujari purifie également le temple par le feu avec des lampes à huile et de l’encens, il se prépare aussi pour être à la disposition des croyants concernant toute demande : il peut s’agir de bénédiction particulière comme les études d’un enfant, la prospérité d’un commerce ou bien des bénédictions extérieures comme les mariages, les demeures, et même pour un lieu de tournage qui pourrait porter chance à la production d’un film type bollywood, par exemple.

 

 

La préparation d’une cérémonie, comme une puja, se déroule de façon immuable. Le premier dieu invoqué est toujours Ganesh (dieu très important dans le panthéon hindou) car il est l’intermédiaire entre les hommes et les dieux, du moins en Inde. Le prêtre prépare chaque statue par une libation : il l’enduit d’huile, de farine de riz, ou au choix de safran, d’herbes en poudre, de fruits, de miel, de lait, de yaourt, de canne à sucre, de noix de coco et d’eau de rose. En faisant résonner des clochettes, il appelle le dieu dans sa représentation terrestre sans oublier de réciter des incantations (textes sacrés en sanskrit ou mantras). Le rite accompli, les fidèles peuvent entrer, les archaryas/prêtres leur présentent des pots qui contiennent des cendres du sandanam (pâte jaune) et du kumkum (poudre rouge) qu’ils leur appliquent entre les yeux. Le prêtre a aussi pris soin, auparavant, de préparer l’espace pour que les fidèles puissent pratiquer le rite du pradakshinâ, il s’agit de tourner trois fois (dans le sens des aiguilles d’une montre) autour de la circonférence du temple pour s’imprégner du pouvoir des dieux. Les divinités sont parées de leurs plus beaux atours, selon les circonstances, et maquillées, avec en plus, un potou (un point souvent rouge) placé entre les sourcils. Ces préparations dédiées aux dieux sont importantes car ils vont pouvoir descendre dans leur représentation de pierre ou de métal, et ainsi d’être bien accueillis, et de répandre leur bénédiction sur les fidèles présents au temple. La même cérémonie est valable devant l’autel familial sauf qu’elle est pratiquée par les plus anciens de la famille.

L’univers coloré et sonore du temple dû aux battements des tambours, en plus des danses extatiques des danseuses (présentent pendant les grandes fêtes) modifient la perception des fidèles une fois que le temple est préparé par les prêtres.

Le prêtre est aussi gardien d’une pièce du temple où est vénérée la divinité, cet emplacement est considéré comme la pièce la plus sacrée et la plus privée du lieu. Lui seul est préparé à recevoir le fidèle à quelques centimètres de cette « alcôve » appelée garbha-griha « chambre du ventre » pour permettre une dévotion encore plus profonde grâce aux offrandes. Le pujari (prêtre) prend une partie de ces offrandes pour le Dieu et redistribue l’autre partie aux fidèles : c’est le prasadam qui contient la bénédiction du Dieu.

En résumé :

Les prêtres officiants représentent l’autorité spirituelle, ils remplissent une fonction primordiale d’intermédiaire entre les hommes et les dieux. Ils se doivent d’être d’une pureté absolue pour communiquer avec les dieux, ce sont des archaryas/pujaris/prêtres issus de la caste des brahmanes, préparés et formés dans des écoles religieuses à partir de 6 ans ! Ils apprennent les textes sacrés et les rites de toutes les cérémonies religieuses dues aux nombreuses divinités.

Laurent Adicéam-Dixit