Comment apprendre et continuer à espérer ? Comment redonner de l’espoir ? Comment parler d’espérance aujourd’hui ?
En ce 4ième dimanche de l’avent, Tous Frères vous propose une émission pleine d’espérance avec le verbe espérer. Mais qu’espèrent nos frères musulmans concernant le prophète Jésus ?

 

Comment est représenté Jésus dans l’islam ?

Jésus, connu sous différentes appellations dans l’islam : Aïssa, Eisa, Yeshoua, Yssa (l’esprit d’Allah), Almasih (le messie), ou encore Nabi (prophète), est le seul prophète à naître de la parole divine, et créé par le verbe être : « Pour Dieu, Jésus est comme Adam, qu’IL créa de poussière, puis IL lui dit « Sois », et il fut » (Coran, sourate 3 verset 59).

Jésus est le verbe qui s’est fait chair par création selon l’ordre divin et non par engendrement. Dans cette perspective, il n’est pas Dieu. Yssa/Jésus est cité 25 fois dans le Coran, il n’a aucune filiation paternelle, et il n’a pas sa place dans la sainte trinité chrétienne pour les musulmans. L’islam insiste fortement sur l’unicité de Dieu et ne peut accepter la révélation du christianisme portant sur le fait que Dieu est Père, Fils et Esprit qui conduirait à une forme de polythéisme (associationnisme) bannie par le Coran.

Par le mot « Incarnation », les chrétiens rendent compte que « Le Verbe s’est fait chair » – (Jean 1,14). Jésus, fils de Dieu, a honoré la volonté de son Père d’être de nature humaine pour sauver l’humanité de ses péchés en assumant sa violence jusqu’à la mort sur la croix. En revanche, le Coran, dans la sourate « al-Imran » dite « Tayyiba », explique que l’âme de Jésus a été déposée dans les entrailles de Marie par l’Esprit Saint et par Djibril (l’ange Gabriel) pour prendre chair humaine et être à la fois messager de Dieu (rasûlullah), l’Esprit ou bien le souffle de Dieu (rûhullah). Le Coran rapporte aussi que Yssa/Jésus refuse d’être pris pour le fils de Dieu et revendique qu’il n’est qu’un prophète, serviteur de Dieu qui appelle ses disciples à n’adorer que Dieu (Sourate 19, versets 30-36). Quant à son célibat, il n’est pas formulé dans les textes de l’islam.

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Jésus : sa mission dans l’islam est de donner l’espoir aux juifs et annoncer l’islam par la venue de Muhammad.

Le Coran enseigne que Jésus, prophète et émissaire de Dieu, est gratifié de dons octroyés par Dieu comme celui de faire des miracles (Coran : 2,87 ; 5,110 ; 43,63 ; 61,6). Ses pouvoirs naturels lui confèrent le bien fondé de sa mission divine auprès de son peuple. Toutefois, la majorité des juifs refusa de croire à sa mission prophétique.
Sourate 3, versets 48-49 : « Et (Allah) lui enseignera l’écriture, la sagesse, la Thora et l’Évangile, et il sera le messager aux enfants d’Israël, [et leur dira]: En vérité, je viens à vous avec un signe de la part de votre Seigneur. Pour vous, je forme de la glaise comme la figure d’un oiseau, puis je souffle dedans : et, par la permission d’Allah, cela devient un oiseau. Et je guéris l’aveugle-né et le lépreux, et je ressuscite les morts, par la permission d’Allah. Et je vous apprends ce que vous mangez et ce que vous amassez dans vos maisons. »

Jésus supprime quelques interdits « Je viens confirmer ce qui existait avant moi de la Torah et pour vous rendre licite une partie des choses qui vous ont été interdites (comme un certain type d’aliments) -Il fait allusion au peuple juif-. Je suis venu avec des versets de votre Seigneur. Craignez Dieu et obéissez-moi. » (sourate 3, verset 50), et il annonce, entre autres, l’avènement du Paraclet : son successeur naturel Muhammad (sourate 61, verset 6) : « … Jésus, fils de Marie, dit : « Ô enfants d’Israël ! Je suis vraiment le messager de Dieu, qui vous est [envoyé] pour confirmer ce qui a été (révélé), avant ma venue, dans la Torah, et pour vous annoncer la bonne nouvelle d’un messager qui viendra après moi et dont le nom sera Muhammad. »

 

Que dit l’Islam à propos de sa mort ?

Les musulmans, dans leur grande majorité, approuvent le récit Coranique selon lequel, Jésus n’a jamais été mis à mort, ni crucifié par les autorités romaines et par les Israelites, mais seulement « rappelé » vers son Seigneur. Car Dieu, dans sa majesté, ne pourrait permettre un tel acte à l’encontre de son envoyé. Le Coran affirme : « Nous avons tué le Messie, Jésus, fils de Marie, le messager de Dieu. Or, ils ne l’ont ni tué ni crucifié, mais son apparence fut donnée à un autre homme et ils tuèrent cet homme… » (Coran, sourate 4, verset 157). Dieu affirme clairement qu’Il a élevé Jésus vers Lui « …mais Allah l’a élevé vers Lui. Et Allah est Puissant et Sage. » Coran, sourate 4, verset 158. Il n’est donc pas question de résurrection, cependant, Yssa/Jésus aurait eu une mort naturelle, d’après Tareq Oubrou, recteur et grand imam de Bordeaux.

 

 

Le rôle eschatologique de Jésus dans l’islam

Plusieurs hadiths affirment qu’il s’agira bel et bien de Jésus Christ « Yssa »/« Massih » espéré à la fin des temps pour rétablir la religion de la vérité. Notons que les hadiths sont des « propos » et des « actes » attribués au Prophète Muhammad ainsi qu’à ses compagnons, ceux-là constituent la tradition musulmane, dite la Sunna.

Le prophète Muhammad a dit à ses compagnons : « Jésus, le fils de Marie, descendra parmi vous et jugera selon la loi coranique et non pas selon la loi de l’Évangile », d’après l’exégète Sahih al-Boukhari.

En résumé :
Le Coran ne mentionne d’aucune façon et de manière explicite le retour de Jésus. Les arguments rapportés sur le retour d’Yssa à la fin des temps sont fortement contestés, notamment par de mauvaises traductions littérales, totalement faussées, de la sourate 43 « l’Ornement ».
Et Jésus comme le prophète Muhammad est humain, Allah seul est divin, c’est le principe de l’unicité – Tawḥīd.

Laurent Adicéam-Dixit