Dans l’islam, comme dans toutes les traditions spirituelles, se former ne consiste pas seulement à acquérir des connaissances, mais à se transformer intérieurement. C’est un chemin d’humilité, de patience et de lumière.

Cette semaine, Tous Frères explore le verbe se former, à travers des parcours où l’éducation devient un acte de foi, un moteur de fraternité et d’émancipation. Pour débuter l’émission, Luciano nous emmène dans une histoire transmise depuis des siècles dans la tradition musulmane : celle d’un jeune élève et de son maître de Coran. Le jeune homme, plein d’ardeur, passe ses nuits entières à réciter le Livre sacré. Inquiet, son professeur s’interroge : que cherche-t-il à prouver ? Lorsque le maître l’interpelle, commence alors un dialogue profond sur le sens véritable de l’apprentissage. Le maître lui enseigne que réciter sans comprendre, apprendre sans vivre, c’est laisser le cœur vide. La véritable formation ne réside pas dans la vitesse, ni la performance, mais dans la capacité à faire vivre les paroles du Coran dans son cœur et dans ses actes. 

Nous irons ensuite à Mayotte, au cœur d’une autre forme d’apprentissage, celle de la dignité et de l’égalité. Le CIDFF (Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles) propose des formations pour sensibiliser les professionnels, bénévoles et femmes en réinsertion aux droits fondamentaux, à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles et à la promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes. Ces formations, au-delà des savoirs transmis, redonnent confiance, ouvrent des chemins d’émancipation et jouent un rôle essentiel pour des femmes qui souhaitent se reconstruire, trouver un travail et reprendre leur place dans la société. Dans cette démarche, la formation devient un acte spirituel : apprendre à se relever, à s’affirmer, à exister pleinement. 

En connexion depuis La Réunion Thierry Malbert, professeur des universités en Anthropologie et responsable du DU République et Religions à l’Université de La Réunion. Pour lui, la formation est un moyen de tisser du lien et de renforcer la fraternité. Dans nos sociétés ultramarines, marquées par la diversité culturelle et religieuse, se former, c’est aussi apprendre à dialoguer, à comprendre l’autre, à construire ensemble un avenir commun. 

Le portrait de Tous Frères est consacré à Fayzal Valy, aujourd’hui, directeur de l’école coranique « Madressah Atyaboul Madaris » à Saint-Pierre de La Réunion. À 16 ans, il décide d’apprendre le texte sacré par cœur. Cet engagement lui apporte rigueur, sérénité et proximité avec Dieu. Aujourd’hui, il enseigne à son tour à des enfants et des adolescents, convaincu que se former, c’est aussi : « transmettre ce que j’ai reçu, c’est ma façon de servir. Quand je vois mes élèves progresser, je rends grâce à Dieu. » 

Enfin, la chronique interreligieuse s’interessera à la formation des laïcs dans l’église catholique. Se former, est-ce seulement acquérir des connaissances, ou bien apprendre à mieux aimer, mieux comprendre, mieux vivre ensemble ? Quelle que soit la tradition, se former, c’est avancer pas à pas sur le chemin de la vérité et de la fraternité.