Dans les Outre-mer, l’éloquence ne se limite pas à l’art de bien parler : elle est souvent une parole habitée, transmise, enracinée dans une mémoire collective. Qu’il s’agisse de discours politiques, de sermons religieux, de joutes oratoires ou de slams engagés, la parole prend chair dans ces territoires où l’oralité est un héritage vivant.
Cette semaine, avec le verbe déclamer, Tous Frères explore la puissance de la parole dans les Outre-mer, à travers celles et ceux qui font vibrer les mots pour éveiller les consciences, transmettre un savoir, une foi ou un engagement.
Pour débuter l’émission, Luciano nous raconte l’histoire de saint Augustin. Influencé par le poète Virgile, l’historien Salluste et surtout le penseur Cicéron, Augustin a développé depuis son plus jeune âge, un amour pour la philosophie et l’art oratoire. Un amour qu’il veut transmettre. Il part à Milan, en Italie pour être professeur de rhétorique mais tout va basculer.
Nous irons ensuite en Martinique, où le concours d’éloquence « Viva Voce » donne la parole à des élèves de primaire. Devant leurs camarades, ces jeunes orateurs apprennent à s’exprimer, à défendre une idée, à croire en leurs mots. À travers cet apprentissage, ils découvrent que déclamer, c’est aussi écouter, partager et se dépasser. Leur éloquence devient un geste de fraternité, un acte de confiance en l’avenir.
En connexion avec nous, le frère Philippe Jaillot, dominicain, ancien producteur du CFRT et passionné d’expression orale. Il nous expliquera comment l’art de déclamer rejoint celui de proclamer la Parole. Dans les églises, chaque lecture, chaque prêche est une manière de faire vivre le Verbe, de lui donner souffle et émotion. Pour lui, déclamer, c’est rendre la Parole vivante, la faire descendre dans le cœur de ceux qui écoutent.
Le portrait de Tous Frères est consacré à Ariiteaveura Chee Ayee, artiste polynésien, lauréat de la 144e édition du Heiva. À travers la danse, la musique et la parole déclamée, il incarne la force du patrimoine oral polynésien. Pour Ariiteaveura Chee Ayee, chaque mot prononcé est une offrande, une manière de relier les générations, d’honorer les ancêtres et de proclamer la beauté du monde.
Enfin dans la chronique de cette semaine, décryptage d’un célèbre discours, celui de Martin Luther King, « I have a dream ».