Dans les Outre-mer, se souvenir de l’engagisme indien, c’est se rappeler qu’après l’abolition de l’esclavage, des milliers d’hommes et de femmes ont quitté leur terre natale, l’Inde, pour venir travailler dans les plantations de canne à sucre. Ils ont traversé les océans, souvent sans savoir où ils allaient, mais avec la force de leur foi, de leurs rites et de leur culture.

Que reste-t-il aujourd’hui de cette mémoire ? Cette semaine, avec le verbe se souvenir, Tous Frères remonte le fil de l’Histoire pour évoquer l’engagisme des populations indiennes, venues en masse après l’abolition de l’esclavage, dans plusieurs territoires ultramarins : La Réunion, la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane. 

Pour démarrer l’émission, Luciano nous raconte l’histoire de l’engagisme à La Réunion, sur ces destins qui ont façonné l’âme et la diversité culturelle de l’île. Il nous racontera comment ces travailleurs venus d’ailleurs sont arrivés à La Réunion et dans quelles conditions. En un siècle, ce sont 117 813 engagés indiens qui ont travaillé sur l’île. Comment les descendants d’engagés vivent-ils aujourd’hui cette mémoire, entre fierté identitaire, héritage spirituel et reconnaissance historique ? Quels rituels, quels lieux, quelles fêtes perpétuent le lien avec l’Inde, tout en l’inscrivant dans un territoire créole ? 

Nous irons à la rencontre des membres de l’association « Tamij Sangam », qui chaque année organise une cérémonie du souvenir pour honorer les engagés au Lazaret de la Grande-Chaloupe à La Réunion. Dans un moment de recueillement et de transmission, chants, prières et offrandes s’élèvent pour dire la reconnaissance et la gratitude envers ces ancêtres venus d’Inde. C’est un temps d’unité où la mémoire devient vivante, partagée, ouverte à tous. 

En connexion avec nous, Michèle Marimoutou, docteure en histoire contemporaine, chercheure associée au CRHIA, membre du Comité scientifique de l’Indenture Labour Route Project, nous aidera à comprendre les réalités de l’engagisme : ses débuts, ses conditions, mais aussi son héritage dans la société réunionnaise. Elle évoquera l’importance de cette mémoire dans la construction identitaire et spirituelle des Réunionnais d’aujourd’hui. 

Dans le portrait de Tous Frères, direction la Martinique à la rencontre d’Axel Nallamoutou, président de l’association « Maha Kali ». Il s’engage à faire vivre la culture tamoule et à transmettre à la jeune génération, la mémoire et les valeurs de leurs ancêtres. Pour lui, « se souvenir », c’est un devoir de cœur : c’est prier, honorer, et faire vivre les traditions pour qu’elles continuent à rassembler. 

Enfin la chronique de la semaine est dédiée au pape Léon XII. Le pape Léon XIV, a pris le nom de Léon en se mettant sous le patronage de Léon XIII. Nous avons donc choisi de se souvenir de ce pape qui a eu le 4ème plus long pontificat de l’histoire de l’Eglise.  « Se souvenir », ce n’est pas seulement faire mémoire. C’est aussi faire justice aux oubliés de l’Histoire, transmettre des héritages, et puiser dans le passé la force de bâtir un avenir plus fraternel.